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Aux urgences pédiatriques de l’hôpital Robert-Debré, la bien connue bronchiolite est attendue

Dernière mise à jour : 30 oct. 2023


Alors que se lance ce mardi 17 octobre la campagne vaccinale contre la grippe saisonnière, un nouveau traitement préventif contre la bronchiolite à destination des nouveau-nés et nourrissons est disponible en France depuis mi-septembre. A l’hôpital pédiatrique Robert-Debré, outre les bobos de récré et les plâtres, le service des urgences reçoit aussi des enfants atteints de cette maladie respiratoire dangereuse pour les nourrissons.

Reportage du Journaliste Adriano Tiniscopa




Dr Michele Béhar


« Ca va ? Les filles ne vomissent plus ? », demande à une mère qui passait par là, Michèle Behar, médecin retraitée et bénévole pour Les Transmetteurs. Cette association conventionnée avec l’AP-HP Robert Debré (19e arrondissement) intervient aux urgences pour informer et accompagner des familles souvent très anxieuses en amenant leurs enfants. L’association se fait ainsi l’intermédiaire entre l’équipe soignante et les familles. « Il y a parfois des parents violents qui ne comprennent pas pourquoi leur bambin n’est pas pris en charge immédiatement, mes cheveux blancs aident à leur faire garder le calme », ironise Michèle Béhar, 75 ans, appuyée sereinement les bras croisés contre une tortue imprimée au mur.


Les soignants craignent cette année la bronchiolite et l’anticipent


L’association Les Transmetteurs est en renfort depuis 2017 aux urgences de l’hôpital universitaire et pédiatrique Robert-Debré d’une période allant de novembre jusqu’à mai. Elle est présente sur site du lundi au vendredi entre 11 h et 16 h pendant toute la période des épidémies hivernales. « Cette année, on nous a fait venir plus tôt du fait du nombre important de cas de bronchiolites qu’il y a eu l’an passé », explique l’ancienne praticienne en médecine scolaire. Si la campagne de vaccin contre la grippe est désormais lancée, il existe depuis mi-septembre 2023, un traitement préventif contre la bronchiolite chez les nourrissons et nouveaux-nés. Il a été approuvé en 2022 par l’Agence européenne du médicament (AME). La bronchiolite est une infection respiratoire d’origine virale qui affecte chaque année en France au moins 30 % des enfants de moins de deux ans selon les chiffres du ministère de la Santé.


« Il est recommandé de l’administrer aux enfants de moins de cinq mois mais il est tout à fait possible de le faire lorsqu’ils ont atteint cet âge », ajoute Michèle Béhar. « Un nourrisson qui étouffe c’est très inquiétant, c’est très grave », explique doctement la bénévole qui se surnomme « la jeunette » de l’association des Transmetteurs. Ici, les enfants sont également reçus pour des problèmes respiratoires, mais aussi des infections urinaires, des blessures, des fractures, des plâtres à refaire ou parfois encore simplement pour « surveiller les constantes » dans l’attente de l’avis d’un spécialiste…


Un service central mais en manque d’effectifs


Des bobos de cour de récréation aux urgences médicales absolues, le service est fort sollicité. Pour l’atteindre, le mieux est de suivre le tracé bleu. Les brancards défilent, les têtes juvéniles dépassent des portes entrouvertes, l’odeur de Bétadine prend le nez et les cris résonnent à travers les couloirs. Le service d’urgence est constitué d’une douzaine de « boxes d’examens », dont deux pour les urgences cardiaques et opératoires, de trois salles d’attente qui ventilent les enfants en fonction des examens nécessaires et de larges couloirs pour relier le tout aux murs repeints de couleurs douces. « Nous avons parfois pu accueillir jusqu’à au moins 70 enfants par jour », se remémore Michèle Béhar, médecin bénévole depuis un an et demi.


L’AP-HP Robert-Debré est le centre névralgique hospitalier du Nord-est de Paris et de la banlieue environnante, d’Aubervilliers, en passant par Les Lilas au quartier de la Goutte-d’Or dans le 18e arrondissement de la capitale. Michèle Béhar estime que son rôle est de soulager un service des urgences pédiatriques de l’hôpital Robert-Debré en manque d’effectifs. « Nous sommes en pleine période épidémique, mais la situation paraît moins sous pression que les années précédentes », poursuit elle, jugeant que c’est le résultat du nouveau traitement préventif.


Adriano Tiniscopa (journaliste)

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