“Une présence qui fait la différence et la grandeur d’un service”

Mis à jour : mai 31

Dr Luisa Colosi, Services des Urgences, Hôpital Bichat


Les Dr Luisa Colosi, Françoise Courtois et Catherine Thiesce au service des urgences de l'hôpital Bichat

Après un temps de retrait imposé par la crise COVID-19, les médecins Transmetteurs – vaccinés ! – sont de retour à l’hôpital Bichat. Leur rôle : soulager les services d’urgences en venant en renfort des équipes. Les Transmetteurs sont de retour ! Après un an d’absence les médecins Transmetteurs ont repris leur activité au sein du Service d’Accueil des Urgences (SAU) de Bichat. Une pause inhabituelle pour cette activité en place depuis plus de 10 ans et plébiscitée par l’ équipe médicale de Bichat.

Le retour des Transmetteurs grâce au vaccin, c’est en quelque sorte le retour à la normalité pour notre service

C'est ce qu'a déclaré le Dr Luisa Colosi, praticien hospitalier et adjointe du Dr Christophe Choquet, chef du service des urgences de Bichat. Ce retour a été accueilli avec beaucoup de chaleur et d’optimisme.

“Une vision avant-gardiste des urgences”

Aujourd’hui, le renfort dans les services d’accueil des urgences (SAU) compte dans le noyau dur des activités de l’association tant par son ancienneté que par la nature des services qu’elle rend. “Tout a commencé par une idée venue des Transmetteurs d’organiser un stage de trois jours d’immersion dans un service d’urgences à l’hôpital Saint Joseph”, se remémore le Dr Françoise Courtois, coordinatrice de cette mission depuis l’origine des Transmetteurs. Il s’agissait alors d’un stage d’observation pour comprendre le fonctionnement d’un SAU (le rôle d’une infirmière d’accueil et d’orientation ou IAO, le tri des patients par secteurs selon la gravité clinique, le rôle d’un médecin régulateur des flux...)"Nous étions alors une quarantaine de médecins retraités participants prêts à s’investir dans un possible projet. L’occasion s’est rapidement trouvée lors de la présentation d’un retour d’expérience à laquelle assistait le Pr Enrique Casalino (Directeur médical du Département de médecine d’urgence Paris-Nord). Soucieux de développer le concept de bientraitance des patients dans les services d’urgence et séduit par cette première expérience, il nous a proposé de participer à son projet estimant que des médecins retraités pouvaient être un atout ».

Le Dr Luisa Colosi rajoute : «le Pr Enrique Casalino a une vision avant-gardiste des urgences». Il tient à des valeurs fortes pour le patient et pour le personnel de santé qu’il souhaite préserver et son objectif majeur est d’améliorer l’accueil et le bien-être du patient pendant son temps de passage dans le service, ce dernier devant être le plus court possible. Le SAU de Bichat – le plus grand service d’urgences d’Ile-de-France comme l’indique le Dr Luisa Colosi, accueille en moyenne 280 patients par 24 heures, hors période COVID-19. L’organisation globale est rapide et efficace. Aucun lit n’encombre les couloirs du service, la circulation est fluide, les patients sont accueillis dans des espaces appropriés (salles d’examens, chambres individuelles bien équipées…), et le climat ambiant est plutôt serein malgré la tension permanente. L’ensemble du service est articulé autour d’un noyau central appelé "Régulation" rassemblant les médecins seniors, les jeunes internes et une partie du personnel soignant . Ceci permet les échanges et une fluidité des transmissions.

Le SAU comprend 24 lits d’aval permettant de temporiser l’admission dans un service hospitalier, une structure privée ou un retour au domicile. Ce service modèle n’est cependant pas exempt de quelques difficultés. Il impose notamment un rythme constant et soutenu à l’équipe soignante qui gère des flux critiques de patients pour éviter les effets d’encombrement.

Dans ce contexte, les Transmetteurs ont pour rôle d’être “le temps qui est arraché” aux soignants en exercice. C’est en tout cas ce que considère le Dr Luisa Colosi qui se présente elle-même comme “partisane d’une lenteur intelligente ”, lenteur qu’elle n’a pas toujours les moyens d’appliquer au quotidien de sa pratique. Or, soigner est un geste technique qui englobe également tout un corollaire : une parole rassurante, un geste d’attention… Des “soins” qui ont leur importance.

Entre médecins retraités et soignants en exercice, les complémentarités sont nombreuses

Les urgences sont un microcosme dans lequel il n’a pas toujours été évident de trouver notre place et au début, il a fallu des mois pour se faire accepter avec tact et patience . Le soutien infaillible et les encouragements du chef de service – le Dr Christophe Choquet – a été essentiel", rappelle le Dr Françoise Courtois. Pour s’intégrer, les médecins retraités ont su trouver leur fonction sans empiéter sur le champ du soin au sens technique.

Généralement, la tension commence à monter quand les patients s’impatientent

Pour Souani Gigot – cadre infirmier au SAU – la présence des Transmetteurs est un moyen d’apaiser les tensions, ces derniers ayant du temps à accorder aux malades ; ils savent s’effacer par rapport au personnel soignant : une écoute attentive et professionnelle doublée de l’expérience de toute une vie est un exemple pour tous et améliore la communication et la confiance malade/soignant. Reformuler les consignes, expliquer, écouter, accompagner, soulager l’attente par des gestes simples de confort (proposer une collation, apporter un bassin, une couverture, retrouver un téléphone…) Leur regard attentif aux détails a permis progressivement de changer des pratiques, d’améliorer le confort des malades…



Les Dr Luisa Colosi et Françoise Courteois auprès d'une patiente en salle de déchocage

Les médecins retraités ont amené avec eux un monde passionnant au sein de notre service, souligne le Dr Luisa Colosi. Celui-ci permet aux jeunes médecins de changer de regard sur le patient et c’est ce qui compte le plus : mettre le malade au centre de nos préoccupations afin de veiller à leur offrir un cadre rassurant ”.


Ce à quoi le Dr Françoise Courtois ajoute : “Différentes associations interviennent dans les SAU mais notre particularité en tant que médecins apporte une valeur spécifique. Notre présence est légitime aux yeux des patients et nous pouvons tout leur apporter : le temps, l’expérience, la bienveillance…

Bénévole dans le service depuis 2011, elle précise que le contact avec les malades lui a manqué depuis sa retraite hospitalière, et elle admet avoir manqué de temps dans sa carrière, et de patience parfois. Elle ajoute, « le SAU de Bichat accueillant 40% de personnes très âgées, désorientées, exigeantes m’a permis de me familiariser aux gestes simples et attentifs avec bienveillance ; j’ai aujourd’hui grand plaisir à passer du temps auprès d’eux ».

Etre humble, savoir écouter et avoir une bonne condition physique

Le Dr Catherine Thiesce débute son « apprentissage » au SAU en tant que médecin Transmetteur . Elle découvre après quelques séances de formation assurées par les

« anciens » les qualités essentielles requises pour cette activité : être humble, avoir le sens de l’écoute, suffisamment de tact pour se fondre dans l’équipe soignante et une bonne condition physique. Après de nombreuses années de fonctionnement, le bilan du renfort des Transmetteurs aux urgences de Bichat est très positif et ceci pour le plus grand bonheur des patients, qui demeure l’objectif principal. Selon le Dr Luisa Colosi, “c’est une présence qui fait la différence et la grandeur d’un service .”

Vous souhaitez nous rejoindre ;

Vous aimeriez créer cette activité dans le service d’urgences de votre établissement, n’hésitez pas à joindre le Dr Françoise Courtois qui, grâce à son expérience, pourra vous apporter une aide pour mettre en place cette activité passionnante. Dr Françoise Courtois :

fcourtois.dom@wanadoo.fr